Ex-pulsion : de l’histoire de l’analyse profane et de l’analyste gay aux États-Unis

2018

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DOI 10.3917/insi.013.0019
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Abstract

Une des raisons les plus importantes pour lesquelles Freud dit de la médicalisation qu’elle représentait une des plus grandes résistances à la psychanalyse était sa conscience du fait que cette radicale nouvelle théorie de la sexualité humaine divergeait totalement de la conception médicale. Alors que pour la médecine, la sexualité humaine est considérée comme le fruit d’un instinct, un signe de la continuité entre les êtres humains et la nature, Freud découvrit une base singulièrement humaine à la sexualité, caractérisée par une rupture de l’ordre « naturel » des choses. Pour la psychanalyse, la pulsion marque l’impossibilité d’un réel biologique qui puisse fonctionner comme garantie du désir, de l’objet ou de la sexuation. L’histoire de la restriction de la pratique de la psychanalyse aux États-Unis aux médecins est inséparable de l’expulsion de ce concept fondamental par les néo-freudiens. Le remplacement de la pulsion par un retour à l’illusion préfreudienne de « nature » en tant que garantie de la sexualité humaine eut de terribles conséquences pour l’analyse profane ainsi que pour les analystes gays aux États-Unis.